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Déclaration sur la fin de vie

A la veille du débat parlementaire sans vote, qui se déroulera le 21 janvier, Mgr Brouwet nous invite à lire la déclaration du groupe de travail de la Conférence des Evêques de France sur la fin de vie présidé par Mgr d’Ornellas, intitulée : Ne prenons par le problème à l'envers !

Une autre loi sur la fin de vie ?

Un projet de loi sur la fin de vie est actuellement en discussion au Parlement. L’enjeu est considérable.
Très souvent il est présenté - à tort - comme un choix à faire entre « finir sa vie sans souffrir » et « mourir dans des souffrances inhumaines ». Comme si ce projet consistait à légiférer pour en finir avec les souffrances au moment de la mort.
Or l’enjeu de cette proposition de loi n’est pas du tout là.
Depuis près de 30 ans des progrès considérables ont été réalisés pour accompagner les personnes en fin de vie jusqu’à leurs derniers instants. Les soins palliatifs visent précisément à soulager les douleurs physiques mais aussi à prendre en compte la souffrance
psychologique, sociale et spirituelle de la personne malade et de ses proches.
Dans les Hautes-Pyrénées, des équipes très actives les pratiquent dans des institutions publiques et privées, ainsi qu’à domicile.
Il est vrai que, dans notre pays, des moyens manquent pour étendre ces formes de soins à l’ensemble des personnes qui sont en fin de vie.
Lorsque ces soins sont donnés, il arrive que soient administrés à la personne mourante des médicaments, afin de diminuer ou d’éliminer sa souffrance physique ou psychique. Ces produits l’endorment sans pourtant lui donner la mort, même s’ils ont comme effet secondaire d’accélérer la fin : c’est ce qu’on appelle la « sédation en phase terminale ». Tout cela est conforme à la morale et obéit à la nécessité d’accompagner jusqu’au bout les personnes en fin de vie, en leur évitant de souffrir. C’est également conforme à la loi, en particulier la loi Léonetti du 22 avril 2005.

Alors pourquoi a-t-on besoin d’une autre loi ?

Parce que certains voudraient pouvoir, après avoir endormi un patient, lui administrer des substances en vue d’accélérer sa mort : c’est ce qu’on appelle « la sédation terminale » (qui se distingue donc de « la sédation en phase terminale »). La différence est de taille ; et c’est tout l’enjeu du projet de loi. On veut passer d’un accompagnement des malades en fin de vie, en soulageant leurs souffrances, à la permission de leur donner la mort.
Chacun peut comprendre l’enjeu d’un tel débat. L’interdit de tuer est au fondement de notre vie en société.

Je vous renvoie à la réflexion que j’ai proposée en novembre 2013.

J’y écrivais en particulier : « Face au sentiment d’abandon, d’inutilité, de dépendance que peut ressentir une personne en fin de vie, face à la dépression qui peut la saisir, face au désir d’en finir, nous ne pouvons offrir la mort comme solution ; c’est plutôt le moment de donner la priorité à un accompagnement et à un soutien tant médical que psychologique. » Voilà ce qui est conforme à la dignité de chacun. Et à la dignité d’une démocratie où chacun est respecté pour ce qu’il est, y compris dans sa grande fragilité.


+ Nicolas Brouwet
Evêque de Tarbes et Lourdes

Edito du Bulletin diocésain janvier-février 2015

 

Pour aller plus loin : BLOG SUR LA FIN DE VIE
Edité par le Groupe de travail des évêques sur la fin de vie.

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