Logo denier

Les piétas des Hautes-Pyrénées

Exposition Ombres et Lumière, Carmel de Tarbes, 2009De nombreuses « pietàs » ornent les églises et des chapelles des Hautes-Pyrénées. Dans le département, les sculptures de la Vierge de Pitié se répandent vers la fin du XVème siècle. La commission d’Art sacré du diocèse de Tarbes et Lourdes nous partage leur secret.

D’origine italienne, le mot “piéta” signifie pitié, compassion. C’est la représentation de la Vierge Marie tenant sur ses genoux le Christ mort descendu de la croix. Cette scène dramatique de la Passion du Christ correspond à la sensibilité de la fin du Moyen Age, période marquée par les guerres et les épidémies.
Cette image ne fait référence à aucun passage des Evangiles. Malgré tout, l’origine du thème de la douleur de la Vierge Marie au pied de la croix s’esquisse dès l’épisode de la présentation de Jésus au Temple. La prophétie du vieillard Syméon associe en effet Marie au destin douloureux de son Fils dès cet instant : après avoir reconnu en Jésus “la Lumière qui éclaire les nations”, il annonce à Marie qu’elle aura à partager la souffrance de son Fils : “et toi-même une épée te transpercera l’âme”. Cette prédiction trouvera une expression littérale dans l’art avec la représentation de la “Vierge des sept douleurs”.
Les premières Vierges de pitié sculptées apparaissent en Allemagne au XIVe siècle dans des couvents de moniales sous le nom de “Vesperbilder” (littéralement “images des vêpres”). La piéta considérée comme la plus ancienne en France se trouve près de Dijon à la Chartreuse de Champmol, elle a été sculptée par Claus Sluter vers 1388. La célèbre Piéta de Michel-Ange à Saint Pierre de Rome n’étant que de 1498-1499.
Dans le département des Hautes-Pyrénées, les sculptures de la Vierge de Pitié se répandent vers la fin du XVème siècle. La statuaire, provenant des églises et chapelles du diocèse de Tarbes et Lourdes, traduit la dévotion des hauts pyrénéens depuis des siècles envers la Vierge Marie souffrant au pied de la Croix.
Aujourd’hui encore, cette représentation évoque ces ombres et ces blessures toujours présentes sur le chemin de nos vies, toutes celles que nous pouvons rencontrer dans nos existences, toutes celles que l’humanité endure.
Mais à travers ce chemin-combat, que nous invitent à emprunter ces ombres-pietà, il s'agit de nous conduire à la Lumière, qui dans la tradition chrétienne porte le nom de Résurrection. Nous ne pouvons pas rester figés sur ces images douloureuses qui hantent bien souvent notre quotidien. Ne sommes-nous pas en effet façonnés pour passer vers l’Eclat et la Joie d’une lumière sans fin ? Croyants ou non-croyants, laissons-nous guider par ces ombres, elles pourront devenir passage vers la Lumière.

piet90
piet73
piet72
piet71
piet70
piet61
piet52
piet51
piet40
piet34
piet33
piet32
piet31
piet30
piet22
piet21
piet13
piet12
piet11
piet10
piet9
piet8
piet7
piet6
piet5
piet4
piet3
piet2
piet91