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Réconciliation

Le Sacrement de réconciliation existe-t-il encore ?

sacrement de la réconciliation

Il s’agit d’un sacrement méconnu et décrié. Décrié parce que méconnu. Pour certains, il paraît obsolète et rappelle simplement ces beaux meubles cirés que l’on trouve encore dans nos églises, parfois recyclés en placard pour cierges ou balais. Le confessionnal n’est que rarement utilisé mais la rencontre existe encore !
Pour d’autres, il a une connotation d’injustice : « Pourquoi irais-je me confesser à un autre pécheur ? »
Cette logique tendrait à prouver qu’il ne faudrait pas consulter de médecin car il pourrait, lui-aussi, tomber malade ! Dans tous les cas si la démarche Réconciliation est un Sacrement, c’est parce qu’elle est inspirée par les paroles mêmes du Ressuscité aux disciples :

« Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les maintiendrez, ils leur seront maintenus » (Jn 2,23).

A de très nombreuses reprises, les évangélistes rapportent les paroles de miséricorde de Jésus. Elles révèlent en priorité ce qu’Il confie à Nicodème : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique non pas pour juger le monde mais pour que par lui le monde soit sauvé (Jn 3,17).
Les paraboles et les scènes de pardon ne manquent pas.
Retenons tout particulièrement la parabole de l’enfant prodigue (Lc 5, 11,32) (lire ci-dessous).
Dans tous les cas, le chercheur de Dieu a besoin de s’entendre dire qu’il est pardonné. Non pas de la part du prêtre qui, effectivement, est aussi un pécheur, mais de Dieu lui-même, père débordant de tendresse qui n’hésite pas à courir se jeter au cou de son propre fils prodigue.
C’est cette parole de paix, de miséricorde et de foi en lui, qui va lui permettre de reprendre sa route.
Certains diront encore : Mais si je sais que je suis pardonné, pourquoi aller me confesser. On peut leur répondre : puisque tu sais que ton enfant t’aime, pourquoi lui demander de te le dire ?

Le texte de l’enfant prodigue est bien connu.

Un fils qui prend son autonomie et exige son héritage, un père qui respecte sa liberté, un autre fils, le frère aîné, silencieux qui doit assister à la scène et part aux champs. Après avoir dépensé tout son bien sans aucun discernement, l’enfant prodigue se trouve dans une situation difficile.
Il souhaite alors rentrer chez lui et demander pardon à son père, allant jusqu’à accepter de ne plus être reconnu comme son fils mais un simple serviteur.
Que le chemin du retour doit lui sembler long ! Toutes les éventualités traversent son esprit jusqu’à l’exclusion de sa famille. Et les pas s’alourdissent et la résignation se fait la plus forte. Or, au bout du chemin, non seulement le père attend son fils, mais c’est lui qui se jette dans ses bras, ordonne qu’on lui donne les plus beaux vêtements et fait tuer le veau gras.
Pardonner, c’est aller au-delà du don, et c’est reconnaître le potentiel de vie qui persiste dans celui qui s’est jeté dans la mort.
« Mon fils qui était mort est revenu à la vie ! » Une parabole que l’on retrouve au chapitre 5
de l’évangile de Luc du verset 11 au verset 32.


« Je ne suis pas là pour juger mais aimer. »

Portrait de Bertrand ChevalierTémoignage du Père Bertrand Chevallier

Le sacrement de la réconciliation est un beau sacrement et, pour le prêtre que je suis, l’occasion d’être le témoin de la miséricorde de Dieu. Chaque fois qu’une personne vient pour recevoir le pardon de Dieu, je me sens comme Jean-Baptiste, appelé à diminuer pour laisser le Christ agir et offrir son pardon à travers moi.
Instrument de la grâce de Dieu, ce sacrement est pour moi un lieu d’humilité et d’action de grâce, un lieu pour accueillir, écouter, donner confiance, inviter à repartir dans la paix, être le témoin de l’action de l’Esprit Saint dans les coeurs,imposer les mains et prier.
Je ne suis pas là pour juger mais aimer et être signe de la miséricorde de Dieu toujours plus grande et offerte à celui ou celle qui vient déposer le fardeau de son péché. Célébrer ce sacrement me permet de vivre pleinement le ministère que j’ai reçu et me procure une grande joie. Ressourçant, libérateur, il est aussi dans ma vie une source à laquelle il m’est nécessaire de puiser souvent.